Définir la passion:   notes.

1 J.-F. Senault, De l'usage des passions (Paris: Fayard, 1989), p. 43.

2 A. Levi, French Moralists: The Theory of the Passions 1585 to 1649 (Oxford: Clarendon, 1964), p. v.

3 La revendication de la philosophie stoïque fut menée par De la Sagesse (1601) du théologien Pierre Charron, et L'Homme sans passions (1662) d'Antoine Le Grand.   S'opposant à la morale du Portique se trouvèrent les Satires de Boileau (surtout la huitième de 1668).   Parmi d'autres ouvrages moraux traitant des passions nous devons citer le Traité de l'amour de Dieu (1616) de saint François de Sales, et les Peintures morales (1645) du jésuite Pierre Le Moyne.   Citons en plus les Maximes (1665-78) de La Rochefoucauld, car la discussion des passions y occupe une place majeure, quoique non intégrale.   Néanmoins, il existe bien d'autres écrits sur les passions qui n'ont pas de but moral, tel L'Art de discourir des passions (1665) de Louis de Lesclache, un manuel de rhétorique, ou le Conférence [...] sur l'Expression generale et particuliere (1698) de Charles Le Brun, un traité de peinture.   Bien sûr, la passion fut de plus un des principaux sujets des lettres contemporaines.

Outre cette diversité de textes, les esquisses les plus influentes des passions demeurèrent le Tableau des passions humaines (c.1635) de l'évèque de Marseille, Nicolas Coëffeteau;   les Characteres des passions (1640) de Marin Cureau de la Chambre (ce traité formait la première partie de L'Art de connoistre les hommes, un ouvrage que ce célèbre médecin ne devait jamais terminer); De l'usage des passions (1641) de Jean-François Senault, membre de l'Oratoire fondé par le cardinal de Bérulle;   et les Passions de l'Ame (1649) de René Descartes.

4 Cette table est basée sur un diagramme qui se trouve dans [T. Walkington], The Optick Glasse of Humors (Londres: John Windest pour Martyn Clerke, 1607), p.77.

5 R. Descartes, Les Passions de l'âme, éd. G. Rodis-Lewis, (Paris: J. Vrin, 1964), article i, p. 65; Senault, p. 43.

6 Voir M. Raynaud, Les Médecins au temps de Molière (Paris: Didier, 1863), pp. 356-60.

7 M. de Montaigne, Essais, I, xxxviii, OEuvres complètes (s.l.: Gallimard Pléiade, 1962), p. 230.

8 P. Charron, De la sagesse (Bordeaux, 1601), I, xx, p. 156.

9 V. Carraud, 'Les deux infinis moraux et le bon usage des passions: Pascal et les Passions de l'Âme', XVIIe siècle, 185, (octobre-décembre 1994), 669-694 (p. 676).

10 F. de La Rochefoucauld, Maximes et Réflexions diverses (Paris: Gallimard Folio, 1976), maxime 297, p. 94.

11 Descartes, xxviii, p. 87.

12 Par exemple, la masse d'un objet se mesure à une échelle scalaire:   un objet pèse tant de kilos.   La force, par contre, se mesure à une échelle vectorielle, puisque l'on considère et l'ampleur et la direction: un objet est poussé par telle force dans telle direction.

13 N. Coëffeteau, Tableau des passions humaines (Paris: chez E. Hebert et I. Poullard, 1635), pp. 5-6.

14 Descartes, xxvii, p. 86.

15 Descartes, xxix, p. 87. Rodis-Lewis distingue nettement (à la page 88) les passions, causées par l'agitation des esprits et se rapportant à l'âme, des sensations cartésiennes, rappotées aux objets extérieurs ou au corps et dont la cause est externe, et des volontés cartésiennes, qui se rapportent à l'âme mais qui ont une cause purement psychologique.

16 Descartes, lxix, p. 115.

17 Discours sur les Passions de l'Amour, dans B. Pascal, OEuvres, 14 vols. (Paris: Hachette, 1908), iii, p. 128.

18 Senault, p. 57.

19 Ibid.

20 Sur ce point, pour une bibliographie qui serait trop vaste à fournir ici, voir J.-M. Pelous, Amour précieux, amour galant(Paris: Klincksieck, 1980).

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